Son Manifeste

«  Nous sommes tous des artistes ! »

La question fondamentale, dans une perspective artistique, n’est pas de savoir si « c’est de l’art ou si ça n’en est pas », de gloser sur le fait d’attribuer la qualité d’artiste à un tel alors qu’on la dénie à un autre. Tant que l’on reste enfermé dans des critères aussi exclusifs (à tous les sens du terme), sélectifs, on s’inscrit dans des logiques d’accréditation et partant d’emprise et de pouvoir. Mais l’art est souvent au service des pouvoirs et chacun sait qu’il est plus facile, commode, humain de troquer ses coups de gueule contre des coups de fourchette. La seule question qui compte est celle de savoir quand il y a émergence d’un fait artistique sachant que dans ce cadre tout n’est que circonstances et subjectivité.

Pour cela, il est important d’essayer de répondre à cette question : « L’art, à quoi ça sert ? »
– L’art, ça sert à agir sur le monde : laisser des traces, expliquer la naissance et la mort.
– L’art ça sert à conquérir des absolus : sublimer le réel, édicter des canons, notamment esthétiques.
– L’art ça sert à représenter le monde : le mettre en dessin, en image, en structures, l’appréhender pour le comprendre.
– L’art ça sert à témoigner, à enseigner, à transmettre : rendre compte d’un vécu, d’une vie, d’une expérience, d’un engagement.
– L’art ça sert à exprimer ses émotions : canaliser ses humeurs par le mouvement.

Dès lors, Il y a œuvre lorsqu’il y a :
une intention : communiquer, offrir, témoigner, dire, s’exprimer, laisser une trace
une intériorité : l’expression de sentiments, de doutes, de questionnements
une réalisation concrète : la main de l’artiste est essentielle

A vous donc de choisir entre une conception cultuelle et une conception culturelle de l’art.

Lorsqu’on lui demande de fixer un prix pour ses œuvres, il est très embarrassé.

Lorsque l’on prétend que l’on n’est pas un marchand, lorsque l’on prétend qu’il faut que l’art soit accessible à tous, lorsque l’on dénonce la côte des artistes montée de toutes pièces, lorsque l’on veut que les œuvres vivent par elles-mêmes dans le regard des autres, il faut en tirer quelques conclusions, savoir distinguer valeur et prix, savoir intégrer dans le prix ce qui est de l’ordre du matériel et du travail ( prix minimum évaluable) de ce qui est de l’ordre du talent (inestimable et subjectif). C’est pourquoi tout le monde doit pouvoir acquérir une œuvres en fonction de ses moyens.

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